Mercredi 19 février 2003
Hauteurs montréalaises : buildings et Mont-Royal

< MARDI 18  |  MERCREDI 19  |  JEUDI 20 >


Guillaume ayant encore trouvé le moyen de s'occuper au travail ce mercredi, Aniss a poursuivi mon "initiation à Montréal" en m'emmenant cette fois-ci du côté du Centre-ville, que nous avions déjà entrevu le dimanche.

C'est ainsi qu'en fin de matinée, nous sommes sortis de la station de métro "Lucien-l'Allier", qui marque le début du quartier des gratte-ciels. Après avoir longé l'étonnante gare Windsor (de style "néoroman ridcharsonien"), nous sommes arrivés à la place du Canada, autour de laquelle des édifices de style et d'époque très différents se succèdent. Ainsi, l'édifice Sun Life, construit en 1913, de style Beaux-arts, a contribué à faire de la ville la plus importante place financière du Canada. Il fut même, un temps, "le plus grand édifice de l'empire brittanique". En face, la basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde, construite à la fin du 19ème siècle, est de style néobaroque (et oui, encore du néo-chose!). Derrière cette basilique, vue depuis la place du Canada, l'immeuble cruciforme de la Banque Royale (1962) crée un singulier contraste. De l'autre côté de la place, les tours La Laurentienne et 1000 de la Gauchetière ont été construites dans les années 1980-90. Cette dernière tour est la plus haute de la ville, avec 205 mètres. Pour résumer, dans son ensemble le centre-ville surprend par ses contrastes architecturaux auxquels nous sommes peu habitués en Europe.

La place du Canada. A gauche, l'édifice Sun Life ; à droite, la basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde avec, derrière, l'immeuble de la Banque Royale.

Depuis la place du Canada, nous nous sommes faufilés entre les gratte-ciels pour rejoindre la place Ville-Marie. Cet ensemble, qui date des années 1960, constitue de cœur de l'immense "ville souterraine". En effet, les tours et les stations de métro sont reliées entre elles par un réseau de places et voies piétonnes souterraines, avec de nombreuses boutiques (plusieurs centaines), restaurants, cinémas. Une fois engouffré dans ce qui constitue vraisemblablement la plus grande "ville souterraine" du monde, le touriste est forcément surpris par la quantité de restaurants (ou plutôt fast-foods), avec leurs clients qui mangent "en terrasse", c'est-à-dire dans d'immenses halls souterrains. Ce concept permet aux Montréalais de s'affranchir des rigueurs du climat en centre-ville : ils peuvent se déplacer sur plusieurs centaines de mètres en bras de chemise, de leur bureau à leur fast-food préféré, même si la ville est sous une tempête de neige. On ne peut pas qualifier ça de "beau", mais le concept est amusant, et l'ensemble demeure bien moins glauque que certaines réalisations du même genre en France, comme le Forum des Halles.

Au cœur des gratte-ciels, boulevard de Maisonneuve. Au fond à gauche, l'"édifice bleu" (son surnom), construit en 1981, accueille la BNP.

Vue depuis la place Ville-Marie (en fait, esplanade piétonne couvrant le centre de la ville souterraine). A gauche, l'imposante Tour Montréal Trust, construite en 1989, est couverte de marbre rosé et de verre bleuté. Au fond, l'université McGill au pied du Mont-Royal.

Nouveau passage à Christ Church, et l'étonnante Place de la Cathédrale.
[voir dimanche 16

Une petite pause déjeuner fut la bienvenue... Ca me fait penser que je ne vous ai pas encore parlé des "Subway" ! "Subway" est une chaîne de sandwhicheries qui couvre toute l'Amérique du Nord. A Subway, on "mange frais" dit le slogan. Différents employés se succèdent, et construisent le sandwiche à la chaîne. Tout d'abord, il faut choisir la taille, et le pain. Ici, les sandwiches se mesurent en pouces... En effet dans l'usage les Canadiens ne se sont pas encore mis totalement au système métrique. On a donc le choix entre 6 ou 12 pouces (ou encore 6 pouces et 1 pied ; ce qui fait 15 ou 30 cm). En fait, en prenant un "12 pouces", on a deux pains de 6 pouces au lieu d'un. Une fois le type de pain choisi, il faut choisir la garniture principale : poulet, charcuterie, steak haché...  Puis, viennent les légumes et la sauce. On peut choisir ce que l'on veut : tomate, salade, concombre, poivron vert ou rouge, piment, cornichon... Enfin, une formule avantageuse permet d'avoir en plus un soda, et soit un paquet de biscuits salés (genre "apéros"), soit deux gâteaux. Il n'y a plus qu'à déguster sur place ou à emporter.

Voici ce que ça donne :

(en fait la photo à été prise à Ottawa, j'anticipe...)

Une fois ce repas avalé, nous sommes repartis pour la rue Sherbrooke ouest. Le guide vert Michelin conseillait en effet une visite complète de cette rue éclectique. Alors autant faire confiance à Bibendum, qui nous avait d'ailleurs aimablement accueilli en ses terres de Clermont-Ferrand le mois d'avant (mais ça n'a rien à voir).
Petite précision : on dit "Sherbrooke ouest" car c'est une rue très, mais alors très longue (plusieurs dizaines de kilomètres). De telles rues sont coupées en deux, entre la partie "ouest" (au sud) et la partie "est" (au nord...) ; la limite semblant être le boulevard Saint-Laurent, grand axe nord-sud ou est-ouest suivant que vous raisonnez en coordonnées montréalaises ou géographiques respectivement .

La rue Sherbrooke ouest présente en effet de nombreux édifices aux architectures très différentes, et le guide Michelin se régale dans ses explications.

La "Erskine and American United Church" est, avec la gare Windsor – que j'ai oublié de photographier – un exemple du style néoroman "ridchardsonien". Elle date de 1894.

Perpendiculaire à la rue Sherbrooke ouest, la rue Crescent est bordée de belles maisons victoriennes qui accueillent boutiques de mode, galeries d'art, restaurants... Là encore, c'est un endroit censé être plus animé en été.

Une fois convaincus de l'éclectisme architectural de cette fameuse rue Sherbrooke ouest, nous avons repris le métro pour rejoindre le quartier du plateau Mont-Royal, au nord-est du Mont-Royal. Les petites rues de ce quartier sont bordées de maisons québécoises colorées typiques. En marchant un peu, nous avons retrouvé un bout du parc du Mont-Royal, déjà visité trois jours auparavant. L'ascension du Mont à pied n'étant pas de tout repos, c'est en autobus que nous avons rejoint l'université de Montréal, située sur le versant ouest.

Une rue typique du plateau Mont-Royal

A l'extrémité nord-est du Parc du Mont-Royal, des terrains de sport. Ici, de jeunes Montréalais pratiquent leur sport national : le hockey sur glace.

Le campus de l'Université de Montréal s'étend sur le versant ouest du Mont-Royal sur près d'un kilomètre de long, avec notamment l'Ecole Polytechnique, et l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales. Ces entités n'ont rien à voir avec notre X et notre HEC, seul le nom est en commun. Pour finir la journée, Aniss m'a fait visiter quelques locaux, avant de rejoindre Guillaume à son bureau, où il était justement en train de terminer son travail quotidien.  

Le soir, nous avons improvisé une petite sortie, avec Guillaume et Cédric, en allant à un bowling. Les prix y sont moins élevés qu'en France, et surtout l'ambiance est dépaysante : près de nous, des anglo-saxons obèses, Bud à la main, s'esclaffaient bruyamment ; ils m'ont rappelé certaines images du film "The Big Lebowski"... Il n'empêche que certains se débrouillaient bien, alignant strikes sur strikes.

Suite