Mardi 18 février 2003
De part et d'autre du Saint-Laurent

< LUNDI 17  |  MARDI 18  |  MERCREDI 19 >


Ce jour-là, Guillaume devait travailler... Et oui, tout le monde n'est pas en vacances au même moment. En revanche, Aniss a pu se libérer pour m'occuper. C'est ainsi que nous avons décidé de visiter le vieux Montréal.

Le "Vieux Montréal" s'étend le long du fleuve Saint-Laurent, juste au nord de l'actuel centre-ville où on trouve les gratte-ciels. Il s'agit du secteur autrefois délimité par les fortifications, édifiées au début du 18ème siècle. Le quartier présente donc de nombreux bâtiments relativement anciens (19ème siècle).

La Basilique Notre-Dame : encore un édifice néogothique, en fait la première église de ce style au Québec. Elle a été achevée en 1829, l'intérieur n'ayant été toutefois terminé qu'en 1870 faute de fonds. Au premier plan : la statue de Maisonneuve, fondateur de la ville.

Cette ancienne caserne de pompiers, édifiée en 1903, a été récemment rénovée et accueille désormais le Centre d'Histoire de Montréal.

Après une rapide errance dans les rues du vieux Montréal, peu animées en février, nous avons rejoint les quais du vieux port. "Vieux port" car le port de la ville a été déplacé assez récemment quelques kilomètres en aval. C'est pourtant là que la ville a connu son essor dès le 18ème siècle, pour devenir, dans les années 1920-1930, le deuxième port d'Amérique après New York. Aujourd'hui, le vieux port accueille des promenades, des patinoires naturelles l'hiver (bassins l'été communiquant avec le Saint-Laurent!), un centre scientifique (semblable à la Villette de Paris). Encore une fois, c'est un lieu très animé l'été mais quelque peu délaissé en plein hiver ; cependant, de nombreux patineurs, notamment, étaient là.

A Montréal comme à Québec, le Saint-Laurent est à moitié gelé.
Au fond, on voit à gauche, le pont autoroutier Jacques Cartier, et à droite, l'île Sainte-Hélène. C'est sur cette île et sur l'île Notre-Dame (artificielle) qu'ont été installés la plupart des bâtiments de l'exposition universelle de 1967, telle l'imposante biosphère (ancien pavillon des Etats-Unis, actuellement musée sur l'écologie de la région).

 

Du bout de la darse accueillant le centre scientifique de Montréal, on se retourne, et on a une vue d'ensemble sur le centre-ville.

Ce jour-là il faisait encore bien froid ! Dans les -20°C sans doute.
(photo © Aniss)

 

Le Saint-Laurent, toujours gelé.
Le bâtiment moche et biscornu au fond, c'est "Habitat", complexe résidentiel futuriste construit pour l'Expo'67.

En poursuivant notre promenade sur le Vieux Port, découverte originale : on tourne un film à la patinoire ! Les acteurs et les techniciens et les caméras sont sur patins. Les patineurs qui évoluaient n'étaient que des figurants.

Cette grande horloge, située en aval du vieux port, permettait aux navigants d'avoir l'heure avec exactitude.

Une fois le vieux port visité, nous sommes retournés en ville, pour voir notamment la Place Jacques Cartier. Rien à signaler de ce côté, et c'est bien dommage, car il paraît qu'en été la place est fleurie, animée, les terrasses de café bondées etc.

Tout près de la place, l'Hôtel de Ville est de style Second Empire (tiens! pas un style néo-truc!). Normal, il a été construit en 1870. C'est de son balcon central que Charles de Gaulle a lancé son fameux "Vive le Québec libre !"  en 1967.

  L'hôtel de ville

Le soleil déclinant déjà, nous avons rejoint en métro l'île Sainte-Hélène pour voir la ville de nuit avec un peu de recul. La semaine précédente, l'île avait accueilli le festival de la glace (ou de la neige, enfin un truc dans le genre). Cette île est entièrement recouverte par un parc.
Pour rejoindre le point de vue sur la ville, il nous a fallu traverser une patinoire, avec tous les risques que cela comporte... Mais le panorama en a valu la peine : de l'île, une superbe vue sur tout Montréal illuminé s'est offerte à nous. Dès lors, il a fallu relever un défi : prendre une photo nette, sans bouger, alors que le manque de luminosité réclamait justement un temps de pose élevé (au moins une seconde). Là encore, en absence de trépied, la technique du je-pose-l'appareil-sur-un-support-plat fit ses preuves, avec une astuce supplémentaire : utiliser le retardateur, afin de ne pas risquer de faire bouger l'appareil en appuyant sur le déclencheur. Le résultat a été finalement a la hauteur de nos espérances, comme le prouvent les clichés ci-dessous.


(photo © Aniss)

Une fois cette belle vue d'ensemble admirée, la visite se poursuivit assez longtemps, malgré le froid toujours présent (j'ai l'impression de me répéter...). Tout d'abord, une promenade dans le grand parc nous amena à la Biosphère. Puis, un passage au-dessus d'un chenal nous amena à l'île Notre-Dame. Elle a été construite de toutes pièces en 1959 pour la voie maritime du Saint-Laurent, puis agrandie en 1967 pour l'exposition universelle, en utilisant la terre d'excavation du métro alors en construction. Nous avons parcouru à pied le fameux circuit automobile Gilles Villeneuve, sur lequel a lieu le Grand Prix de Montréal. L'île accueille également le casino de Montréal, qui occupe l'ancien pavillon français de Expo'67.

Enfin, nous fîmes demi-tour pour rejoindre le métro, et après quelques temps passé dans les rames, je quittai Aniss pour retrouver Guillaume chez lui. Au menu de ce soir, une spécialité improvisée : du poulet avec de la confiture, et encore d'autres trucs... Tout d'abord sceptique par le bon goût d'un tel mélange, j'ai finalement été conquis ; il faut dire qu'après cette grande balade dans le froid, j'aurai pu avaler n'importe quoi ! Et pour finir la journée, ce fut l'heure de ma lecture quotidienne de mes mails, habitude qui suscitait évidemment les moqueries de mon hôte...

(photo © Guillaume)

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